Gérer ses stocks au Sénégal : valorisation SYSCOHADA, multi-dépôts et inventaire
Par Équipe MaFactureProSN · 13 mars 2026 · 8 min de lecture · Comparatifs Logiciels
Un stock mal tenu ne coûte pas seulement des ruptures. Il fausse la marge, et une marge fausse produit un prix de vente faux. C'est la raison pour laquelle la gestion des stocks est d'abord une question comptable avant d'être une question de logistique.
Cet article traite ce que le SYSCOHADA attend d'une PME sénégalaise sur ce point, et ce qu'un outil peut ou ne peut pas prendre en charge.
Valoriser un stock : deux méthodes, et il faut en choisir une
À la clôture, vous devez donner une valeur à ce qui reste en magasin. Le problème est réel : vous avez acheté le même carton de riz à 12 000 FCFA en janvier et à 14 500 FCFA en mars. Il en reste trente. Ils valent combien ?
FIFO, premier entré, premier sorti
On considère que les articles sortis sont les plus anciens. Le stock restant est donc valorisé aux prix les plus récents. En période de hausse des prix, cette méthode donne une valeur de stock plus élevée et un coût des ventes plus faible.
Le coût moyen pondéré
On recalcule un coût moyen à chaque entrée, pondéré par les quantités. La méthode lisse les variations de prix, ce qui la rend plus lisible quand les approvisionnements sont irréguliers, ce qui est le cas courant quand on dépend d'arrivées de conteneurs.
La règle qui compte plus que le choix lui-mêmeUne fois la méthode retenue, on n'en change pas d'un exercice à l'autre. Changer de méthode fait varier le résultat sans qu'aucune vente n'ait eu lieu. C'est le principe de permanence des méthodes, et c'est le premier point qu'un comptable regarde.
Le coût de revient, souvent oublié
La valeur d'entrée d'un article importé n'est pas son prix facturé par le fournisseur : elle comprend le transport, les droits de douane et les frais d'approche. Une PME qui valorise à la facture fournisseur sous-évalue son stock et surestime sa marge. Le calcul complet est dans le coût de revient débarqué à l'importation.
Les mouvements, et pourquoi ils comptent plus que le solde
Le solde d'un article ne prouve rien tout seul. Ce qui vaut, c'est la suite des mouvements qui l'explique : chaque entrée et chaque sortie, avec sa date, sa quantité, son prix unitaire, son motif et la pièce qui la justifie.
Les types à distinguer, parce qu'ils ne racontent pas la même histoire :
- Entrée : réception d'une commande fournisseur, retour client.
- Sortie : vente, consommation interne.
- Transfert entre deux dépôts, qui ne change pas le stock total mais change sa localisation.
- Ajustement d'inventaire : l'écart constaté entre le comptage physique et le solde théorique.
C'est ce dernier type qui est le plus instructif. Un écart d'inventaire n'est pas une erreur à effacer, c'est une information à conserver : il mesure la casse, le vol et les erreurs de saisie. Une entreprise qui corrige ses soldes sans tracer l'ajustement se prive du seul indicateur qui les révèle.
L'inventaire, et pourquoi le faire tourner
L'inventaire annuel complet est une épreuve : on ferme, on compte tout, on trouve des écarts vieux de onze mois et personne ne sait plus les expliquer.
L'inventaire tournant compte une partie du stock chaque semaine, en priorisant ce qui compte : les articles à forte valeur et ceux à forte rotation. On repère un écart en quelques jours, quand la cause est encore identifiable, et l'inventaire annuel devient une confirmation plutôt qu'une découverte.
Le multi-dépôt, et l'erreur classique
Un stock à Dakar, un magasin à Thiès, un entrepôt à Saint-Louis. L'erreur habituelle est de tenir un solde global : on croit avoir quarante unités, on en a trente-huit à Saint-Louis et deux là où le client se présente.
Un stock se tient par dépôt, et un transfert est un mouvement à part entière, avec sa date et son responsable. Sinon la marchandise qui voyage disparaît des comptes pendant son trajet.
Ce que le module Stocks de MaFactureProSN fait
Vérifié dans le produit, pas listé de mémoire :
- Un catalogue d'articles avec référence, code-barres, catégorie, unité, prix d'achat, prix de vente, taux de TVA, stock minimum et maximum, et le dépôt de rattachement.
- Des mouvements tracés : type, quantité, stock avant et après, prix unitaire, valeur, motif, pièce de référence, dépôt et date. L'ajustement d'inventaire est l'un des types disponibles.
- Plusieurs dépôts, avec nom, adresse et responsable. Il n'y a pas de limite au nombre de dépôts.
- Des alertes de seuil : les articles passés sous leur stock minimum et les ruptures apparaissent sur le tableau de bord du module, avec la valeur totale du stock et les dix premiers articles par valeur.
- Des fournisseurs et des commandes fournisseur, dont la réception alimente les mouvements.
Ce qu'il ne fait pas, et il vaut mieux le savoir avant
- Il ne valorise pas en FIFO ni en coût moyen pondéré. La valeur affichée est le stock actuel multiplié par le prix d'achat enregistré sur l'article, c'est-à-dire une valorisation au dernier prix saisi. C'est suffisant pour piloter au quotidien, ce n'est pas une valorisation de clôture au sens du SYSCOHADA. Pour vos états financiers, le calcul reste à faire avec votre comptable.
- Les alertes sont affichées à l'écran, dans le tableau de bord du module. Elles ne partent ni par courriel ni par notification sur le téléphone.
- La facturation ne décrémente pas le stock automatiquement. Émettre une facture n'écrit pas de mouvement de sortie : la sortie se saisit dans le module. C'est le point sur lequel il faut être clair, parce que beaucoup d'outils le font et qu'on pourrait le supposer.
- Il ne suit pas les dates de péremption par lot. Pour une denrée alimentaire ou un produit pharmaceutique, ce suivi reste à tenir par ailleurs.
- Il ne stocke pas de photo d'article. Le code-barres, oui.
Cette liste est plus utile que la précédente. Un commerçant qui choisit un outil sur une promesse de valorisation FIFO et découvre le contraire à la clôture a perdu un exercice, pas une démonstration.
Par où commencer
Le module Stocks se trouve dans votre espace, sur la page Stocks, après connexion. Si vous découvrez le produit, la page facturation pour le commerce est publique et montre le fonctionnement général. Le cadre comptable est détaillé dans la conformité SYSCOHADA.
Commencez par la factureComposer et prévisualiser ne coûte rien. Le téléchargement du PDF sans filigrane se paie 200 FCFA par document, par Orange Money, Wave ou Free Money, ou 8 000 FCFA par mois. Créer ma facture
Questions fréquentes
Quelle méthode de valorisation choisir, FIFO ou coût moyen pondéré ?
Les deux sont admises. Le coût moyen pondéré lisse les variations de prix, ce qui convient quand les approvisionnements sont irréguliers. Le FIFO reflète mieux la valeur de remplacement quand les prix montent. Le point décisif n'est pas le choix mais la constance : on ne change pas de méthode d'un exercice à l'autre.
Faut-il inclure le transport et la douane dans la valeur du stock ?
Oui, la valeur d'entrée comprend les frais nécessaires pour amener le bien à l'endroit et dans l'état où il se trouve. Valoriser à la seule facture fournisseur sous-évalue le stock et surestime la marge.
Que faire d'un écart constaté à l'inventaire ?
Il se saisit comme un mouvement d'ajustement, avec son motif. On ne corrige pas le solde en silence : l'écart tracé est ce qui permet de mesurer la casse et le vol dans la durée.
Une facture émise diminue-t-elle mon stock automatiquement ?
Pas dans MaFactureProSN aujourd'hui. La sortie de stock se saisit dans le module Stocks. Nous préférons l'écrire plutôt que de laisser le supposer.
Combien de dépôts puis-je tenir ?
Il n'y a pas de limite fixée dans le produit. Chaque dépôt porte son nom, son adresse et son responsable, et les articles s'y rattachent.