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Facturation conforme DGI, Sénégal

Numérotation des factures au Sénégal : la règle DGI et les erreurs qui coûtent cher

Par Dominiqk Mendy · 24 août 2026 · 9 min de lecture · Documents

Quand un contrôleur ouvre votre comptabilité, il ne commence presque jamais par vos montants. Il commence par vos numéros de facture. C'est le contrôle le moins coûteux à faire et le plus difficile à truquer : il suffit de suivre la suite. Si elle est continue, le reste se discute. Si elle saute, tout le reste devient suspect — y compris ce qui est parfaitement en règle.

C'est pour cette raison qu'une entreprise honnête peut avoir des ennuis sur un point qu'elle considérait comme de la simple mise en forme. Cet article explique ce qu'est une numérotation valable, ce qui la casse dans la vraie vie, et quoi faire quand elle est déjà cassée.

1. Les trois règles, et pourquoi elles existent

Une numérotation de factures doit satisfaire trois conditions. Elles ne viennent pas d'une lubie administrative : chacune ferme une porte précise.

Continue — aucun trou dans la suite

Entre la facture 41 et la facture 43, il doit exister une facture 42. Si elle n'existe pas, la lecture par défaut n'est pas « il a fait une erreur de saisie » : c'est « une vente a eu lieu et n'a pas été déclarée ». La charge de la preuve est de votre côté, et une facture manquante ne se prouve pas.

Chronologique — l'ordre des numéros suit l'ordre des dates

La facture 42 ne peut pas être datée avant la 41. Une suite qui remonte le temps permet d'insérer après coup un document dans un exercice clos — c'est exactement ce que la chronologie interdit.

Unique — un numéro, un seul document, pour toujours

Deux documents différents ne peuvent pas porter le même numéro, même à deux ans d'écart, même sur deux sites différents, même si le premier a été annulé. Un numéro est une adresse : deux maisons à la même adresse et plus personne ne trouve rien.

Retenez la formulation courte : continue, chronologique, unique. Tout le reste de cet article découle de ces trois mots.

2. Ce qui casse la numérotation en pratique

Presque jamais par malhonnêteté. Presque toujours par organisation.

La facture annulée qu'on supprime

C'est l'erreur numéro un, et c'est la plus naturelle. Un client se rétracte, vous avez déjà édité la facture 57. Le réflexe est de la jeter et de donner le numéro 57 au client suivant.

Ne le faites pas. Le numéro 57 a existé, il a peut-être été envoyé, il est peut-être déjà dans la boîte mail de quelqu'un. Il ne se recycle pas.

La marche à suivre est différente : on conserve la facture 57 et on émet un avoir (note de crédit) qui l'annule, avec son propre numéro dans sa propre suite. La comptabilité montre alors une opération et son annulation — ce qui est la vérité — au lieu d'un trou, qui n'est l'explication de rien.

Plusieurs carnets en même temps

Un carnet à la boutique, un carnet dans la camionnette, un fichier Excel au bureau. Chacun est numéroté proprement, et les trois se chevauchent. Vous n'avez pas trois numérotations : vous avez trois fois le même numéro sur des ventes différentes.

Si vous travaillez réellement sur plusieurs points de vente, la solution n'est pas trois suites indépendantes mais une suite unique préfixée — par exemple DKR-2026-0001 et THS-2026-0001 — où le préfixe identifie le site et où chaque suite reste continue de son côté. La logique doit être écrite quelque part et ne jamais changer en cours d'année.

Plusieurs personnes qui facturent

Deux commerciaux, un même fichier partagé, deux factures créées à trois minutes d'intervalle : les deux prennent le numéro suivant. Le doublon n'apparaît que des semaines plus tard, quand un client conteste.

Un fichier partagé ne protège pas de ça. Seul un système qui attribue le numéro au moment de la validation — et qui refuse de le donner deux fois — le peut.

La remise à zéro de janvier

Repartir de 1 chaque année est une pratique répandue. Elle est tenable à condition que l'année fasse partie du numéro : 2026-0001 est un identifiant unique, 0001 tout court ne l'est pas, puisqu'il désignera un autre document dans douze mois.

Si vous adoptez ce format, adoptez-le pour de bon. Changer de format en cours de route crée exactement l'ambiguïté que la règle d'unicité veut empêcher.

Le brouillon qui consomme un numéro

Beaucoup d'outils attribuent le numéro à la création du document, pas à sa validation. Résultat : chaque devis abandonné, chaque essai, chaque clic malheureux mange un numéro, et la suite se remplit de trous que personne ne sait expliquer six mois plus tard.

Le bon comportement est l'inverse : un brouillon n'a pas de numéro de facture. Il en reçoit un au moment où il devient une facture, c'est-à-dire quand il part chez le client.

3. Devis, bons de livraison, avoirs : des suites séparées

Un devis n'est pas une facture. Un bon de livraison non plus. Un avoir non plus. Chacun a sa propre suite, continue et chronologique de son côté :

  • DevisDEV-2026-0001 — proposition, n'engage pas la comptabilité
  • Bon de livraisonBL-2026-0001 — atteste la remise des biens
  • FactureFAC-2026-0001 — la seule qui déclenche la créance et la TVA
  • AvoirAV-2026-0001 — annule ou corrige une facture précise, qu'il doit citer

Mélanger ces suites est une erreur fréquente chez ceux qui utilisent un seul carnet pour tout. Un devis qui consomme un numéro de facture crée un trou dans la suite des factures, et le trou, lui, ne s'explique pas.

4. Ce qui accompagne le numéro sur le document

Le numéro ne vit pas seul. Une facture doit porter l'ensemble des mentions obligatoires — identification complète de l'émetteur et du client, NINEA, date d'émission, désignation des biens ou services, prix unitaires, base d'imposition, taux et montant de TVA lorsqu'elle s'applique, total à payer.

Une numérotation impeccable sur une facture à laquelle il manque le NINEA ne vous sauvera pas : ce sont deux contrôles distincts, et ils tombent souvent le même jour.

Les modalités exactes — format admis, mentions requises selon votre régime, obligations liées à la facturation électronique — relèvent du Code général des impôts et des instructions de la DGID, et elles évoluent. Pour votre situation précise, la source qui fait foi est la DGID ou votre expert-comptable, pas un article de blog, celui-ci compris.

5. Votre numérotation est déjà cassée. Que faire ?

C'est le cas de beaucoup d'entreprises qui ont commencé sur un carnet et grandi sans changer de méthode. La pire réaction est de réécrire l'historique : refaire des factures passées pour boucher les trous transforme un désordre en falsification.

La bonne démarche est en trois temps :

  1. Constater. Listez vos factures émises par ordre de numéro et repérez les sauts et les doublons. Le simple fait de dresser cette liste vous met en position de répondre au lieu de découvrir.
  2. Documenter. Pour chaque anomalie, écrivez ce qui s'est passé — annulation, double saisie, carnet perdu — et joignez ce que vous avez. Une explication écrite au moment des faits vaut infiniment mieux qu'une reconstitution sous pression.
  3. Reprendre proprement. Fixez une date, adoptez un format unique, et repartez d'une suite continue à partir de là. Une rupture datée et assumée se discute ; un désordre continu ne se discute pas.

Si les anomalies portent sur des montants significatifs ou sur plusieurs exercices, faites-vous accompagner par un professionnel avant d'engager quoi que ce soit.

6. Ce que change un outil de facturation

La numérotation est un problème que la discipline humaine résout mal et qu'un système résout par construction. Sur MaFacturePro, le numéro est attribué à la validation, jamais à la création : un brouillon abandonné ne laisse pas de trou. La suite est unique par entreprise, elle ne peut pas être réutilisée, et une facture validée ne se supprime pas — elle s'annule par un avoir, qui cite la facture concernée.

Les autres documents ont leurs propres suites, et le format préfixé par exercice est en place dès le départ, ce qui évite d'avoir à changer de convention en cours d'année.

Ce n'est pas une garantie de conformité — aucun outil ne peut en donner une, et méfiez-vous de ceux qui le prétendent. C'est la suppression d'une catégorie entière d'erreurs : celles qu'on commet en étant de bonne foi, un jour de forte activité, parce qu'on a supprimé une facture au lieu d'émettre un avoir.

À retenir

  • Trois règles : continue, chronologique, unique.
  • Une facture annulée se conserve et s'annule par un avoir. Elle ne se supprime jamais.
  • Un numéro n'est jamais réutilisé, même après annulation, même l'année suivante.
  • Remise à zéro annuelle acceptable si l'année fait partie du numéro.
  • Devis, BL, factures et avoirs ont chacun leur suite.
  • Un brouillon ne consomme pas de numéro.
  • Numérotation cassée : constater, documenter, repartir proprement à une date fixée. Ne jamais réécrire le passé.

Le numéro de facture est le fil qui relie toute votre comptabilité. Tant qu'il est continu, on peut vérifier votre travail. Dès qu'il casse, on ne vérifie plus votre travail : on cherche ce qui manque.