Agence de communication au Sénégal : refacturer un sous-traitant, un achat d'espace, une cession de droits
Par Équipe MaFactureProSN · 10 avril 2026 · 8 min de lecture · Agences & Tech
La facturation d'une agence de communication n'est pas compliquée à cause des projets. Elle est compliquée parce qu'une bonne partie de l'argent qui transite par l'agence ne lui appartient pas : celui du photographe, celui de l'imprimeur, celui de la régie qui vend l'espace publicitaire. Et parce qu'une agence ne vend pas seulement du temps : elle cède des droits.
Ces trois cas sont ceux que le métier partage avec personne. Ce sont eux que traite cet article.
Ce que cet article ne traite pas, et où c'est traitéLes acomptes, jalons et paiements partiels sont dans facturer un projet par jalons. Le devis d'un projet web, la maintenance et le référencement sont dans facturation des agences digitales. L'événementiel a son propre article : mariages, conférences et cérémonies. Les reprendre ici les affaiblirait tous.
1. Refacturer un sous-traitant : une seule question compte
Photographe, développeur, imprimeur, monteur. La question n'est pas comment ajouter la ligne au devis, mais au nom de qui la prestation a été commandée. Il n'y a que deux réponses, et elles ne produisent pas la même facture.
Vous achetez en votre nom, puis vous revendez
Le sous-traitant vous facture, vous. Vous devenez son client, vous lui devez le paiement même si votre propre client ne vous règle jamais. Vous refacturez ensuite la prestation à votre client, avec ou sans marge, et c'est votre facture, à votre nom, dans votre chiffre d'affaires.
Conséquence à connaître avant de signer : le risque d'impayé est intégralement le vôtre. Beaucoup d'agences découvrent ce point le jour où un annonceur disparaît après le tirage.
Vous agissez comme mandataire, pour le compte du client
Le prestataire facture directement votre client, et vous ne facturez que votre honoraire de coordination. La somme du prestataire ne passe pas par votre chiffre d'affaires, parce qu'elle n'a jamais été à vous.
Le cas à ne pas improviserLe troisième cas, celui que beaucoup pratiquent sans le nommer, consiste à encaisser l'argent du client puis à le reverser au prestataire. Manier des fonds pour le compte d'un tiers n'est pas un détail d'organisation : c'est une activité encadrée. Si vous le faites, faites-le sur la base d'un mandat écrit, rendez compte des sommes, et parlez-en à votre comptable avant, pas après. Ce n'est pas une mise en garde de principe : c'est le point sur lequel une agence qui grossit se fait rattraper.
2. L'achat d'espace : l'argent de l'annonceur n'est pas votre recette
Acheter de l'espace, presse, affichage, radio, campagne en ligne, met l'agence dans exactement la même bascule, avec des montants souvent plus élevés que ses honoraires.
Une agence qui facture 12 millions d'achat d'espace et 1,5 million d'honoraires n'a pas réalisé 13,5 millions de chiffre d'affaires si elle n'a agi que comme intermédiaire. Confondre les deux gonfle un chiffre d'affaires qui n'existe pas, avec deux conséquences immédiates : une assiette fiscale erronée, et des ratios de gestion qui ne veulent plus rien dire.
Sur la facture, la lisibilité règle l'essentiel :
- une ligne « achat d'espace, support, période, montant », avec le justificatif du support conservé ;
- une ligne distincte « honoraires de conception » ou « commission de régie » ;
- jamais un montant global qui fond les deux.
Un client qui reçoit une facture globale ne peut pas contrôler ce qu'il paie, et un contrôleur ne peut pas vérifier ce que vous avez réellement gagné.
3. Les débours, et le mot qu'on emploie à tort
Un débours est une somme avancée au nom et pour le compte du client, refacturée à l'identique, sans marge, avec le justificatif d'origine. Un taxi, un billet, un droit administratif.
Dès que vous ajoutez une marge, ce n'est plus un débours : c'est une prestation que vous vendez, et elle suit le sort de vos autres prestations, y compris au regard de la TVA. Beaucoup d'agences appellent « frais » ce qu'elles marginent : l'appellation ne change pas la nature de l'opération, elle rend seulement le contrôle plus désagréable.
4. Céder des droits : ce que vous vendez n'est pas un fichier
C'est la particularité que le métier oublie le plus souvent de facturer.
Quand vous livrez un logo, une photographie, un film, une charte, vous livrez un fichier, mais ce que le client acquiert dépend de ce que vous lui avez cédé. Une cession de droits se définit par son étendue, et ces quatre dimensions se lisent dans le devis ou nulle part :
- Les supports : web seulement, ou aussi affichage, presse, télévision, packaging.
- Le territoire : Sénégal, UEMOA, monde.
- La durée : une campagne, deux ans, sans limite.
- L'exclusivité, et le droit ou non de modifier la création.
Un logo cédé pour un usage web à Dakar et un logo cédé sans limite de support ni de territoire ne valent pas le même prix, et c'est l'écriture du devis qui fait la différence. Ce qui n'est pas écrit reste rarement acquis, mais se discute toujours au pire moment, quand le client déploie la création sur un support que vous n'aviez pas imaginé.
Sur la facture, la ligne « cession de droits d'exploitation, supports, territoire, durée » se sépare de la ligne « création ». Elles ne se négocient pas de la même façon, et elles ne se renouvellent pas ensemble.
5. Vos sous-traitants indépendants, et la retenue à la source
Une agence achète beaucoup de prestations à des indépendants. Deux réflexes évitent les surprises :
- Exigez le NINEA sur leurs factures. Sans lui, votre comptabilité porte des charges que l'administration peut refuser de vous laisser déduire, et c'est votre agence qui paie l'addition, pas le prestataire.
- Sachez si vous devez opérer une retenue à la source sur les honoraires que vous versez. Une entreprise au régime réel y est tenue, et elle doit remettre l'attestation correspondante. Le mécanisme vu du côté du prestataire est décrit dans NINEA, TVA, OHADA pour un indépendant.
6. Le projet annulé en cours de route
On facture ce qui a été réalisé, sur la base de ce que le devis accepté prévoyait. Si un acompte a déjà été encaissé et dépasse la valeur des travaux effectués, on ne le rembourse pas en supprimant la facture : on émet un avoir, qui neutralise la part non due et laisse une trace lisible des deux côtés. Voir l'avoir et la note de crédit, et ce que le devis engage.
Ce que MaFactureProSN fait, et ce qu'il ne fait pas
Ce qu'il fait : des devis détaillés ligne par ligne, dont chaque ligne peut porter une cession de droits ou un achat d'espace séparé des honoraires ; la conversion d'un devis accepté en facture sans re-saisie ; une numérotation continue ; l'avoir ; le suivi de ce qui est en retard de paiement.
Ce qu'il ne fait pas : il n'émet pas automatiquement une facture chaque mois pour un contrat récurrent, cette fonction n'existe pas aujourd'hui et nous préférons l'écrire plutôt que de la lister. Il ne décide pas si vous agissez en votre nom ou comme mandataire, il ne qualifie pas un débours, et il ne rédige pas votre clause de cession de droits. Ces choix engagent votre agence, et un outil ne les porte pas à votre place.
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Questions fréquentes
Dois-je faire figurer l'achat d'espace dans mon chiffre d'affaires ?
Cela dépend du rôle que vous avez tenu. Si vous avez acheté en votre nom et revendu, la somme est dans votre chiffre d'affaires. Si vous n'avez agi que comme mandataire de l'annonceur, seule votre commission l'est. Le point se tranche avec votre comptable, sur la base de vos contrats, pas sur l'habitude du métier.
Une agence de communication sénégalaise doit-elle collecter la TVA ?
Cela dépend de votre régime et de votre assujettissement, qui se vérifient auprès de la DGID. Le taux normal est de 18 % sur les prestations de services. Facturer une TVA sans y être assujetti rend la somme exigible par l'administration, que vous l'ayez encaissée ou non. Voir le guide de la TVA à 18 %.
Comment facturer une prestation sous-traitée sans perdre de marge ?
En décidant du rôle avant de commander, pas après. Si vous achetez en votre nom, votre marge est libre et votre risque d'impayé est total. Si vous êtes mandataire, votre rémunération est votre honoraire, et il doit être dimensionné en conséquence dès le devis.
Faut-il facturer la cession de droits séparément de la création ?
C'est préférable, parce que les deux ne suivent pas le même cycle. Une création se paie une fois ; une cession peut être limitée dans le temps, dans le territoire ou dans les supports, et son renouvellement est une négociation distincte. Deux lignes distinctes rendent cette conversation possible.
Que faire si le client utilise la création sur un support non prévu ?
Reprenez le devis accepté : il énonce l'étendue cédée. Si le support n'y figure pas, l'usage sort du périmètre convenu et fait l'objet d'une extension à facturer. C'est la raison pour laquelle les quatre dimensions de la cession se décrivent dans le devis, et pas seulement dans un échange de messages.
Combien de temps conserver les factures de mes sous-traitants ?
Dix ans, comme vos autres pièces comptables. Ce sont elles qui justifient la charge que vous avez refacturée. Voir archivage et conservation.